15.02.2006
IE et BTP
Veille sur le BTP : initiation au secteur et observations
Nous avons initié une veille sur le BTP à partir d’une collecte d’info sur une typologie d’entreprises et d’activités (négoce de pierres naturelles pour la construction, aménagement, pavage, bordurage), puis nous avons étendu notre démarche aux pistes de recherches en matière d’informations stratégiques. En recensant annuaires, forums, acteurs importants de la pierre, portails d’architectures et de prescripteurs, ainsi qu’en participant au batimat au sein d’un stand de négociants de pierre, nous avons approché un corps de métiers qui tend à l’harmonisation, et à la cohérence. De manière à donner un sens pédagogique à cette première veille, et pour valoriser une démarche et une philosophie du renseignement encouragée par nos dirigeants trop tardivement, nous voulons montrer dans ces conclusions que l’accroissement de la cohérence des différents corps de métiers du BTP peut être fonction de la qualité de la recherche d’info des entreprises, mais aussi de la systématisation des processus de décision (prescription-selection-execution). C’est en commentant la discipline elle-même que nous proposerons ensuite une certaine vision de la veille.
I Démarche
Les elements presents sur ce blogs ont une double fonction : en tant que resultats, ils participent d'un recensement des acteurs et structures importantes du BTP, et plus specifiquement du negoce de pierre naturelle ; en tant que pistes et outil de recherches, ils permettent d'acceder aux informations par segments categoriels. Sous cet angle nous proposons un module de recherche (ce blog), et des données catégorielles. Ce blog est un poste d’observation sur le BTP, et il présente une collecte d’infos à vocation stratégique (portails, salons, annuaires, organismes) ou tactique (entreprises d’import et d’export de pierre naturelle pour la construction et le pavage). Les deux matrices excell, l’une destinée au recensement et au tri des horizons du BTP en France, l’autre portant sur les acteurs de la pierre, sont aussi destinées à une poursuite ultérieure, en terme de gestion de ces segments d’infos.
Les outils principaux qui nous ont permis de rassembler ces donnees sont les moteurs Google, Mozbot, Gigablast, le meta moteur Kartoo, et l'outil d'alerte google alert. Par ailleurs nous avons pris connaissance de la culture de la veille grace aux sites Abondance et Agent Land. Les liens que nous avons employe pour rechercher des infos pertinentes par secteur d'activites sont repertories par categories dans ce blog. Les mots clefs les plus efficaces ont ete Industrie-btp-construction,IE+BTP,listes de diffusion btp, salons btp, colloques btp, actualites btp, pierre naturelle, materiaux+construction,architecture, prescription.
En tant que premiere expérience pedagogique de veille, appliquée au BTP, nous ne pouvions pas seulement nous en tenir au résultat substantiel, mais il fallait aussi comprendre l’enjeu de ce type de recherche, qui ne se limite pas à la veille concurrentielle, mais procède aussi de l’Intelligence Economique et du Knowledge Management. Vous trouverez donc en une seconde partie des remarques sur ces disciplines, qui semblent toutes liées à une épistémologie managériale proactive, technologique et systémique. L’outil que représente un tel patrimoine d’informations est indispensable à la qualité de la décision managériale.
Les moyens que nous avons utilisé pour rechercher l’info sont nombreux. Les moteurs et outils de cartographies, les agents de recherches, alertes, et autres expédients permettent une rationalisation de la recherche, confrontée à la pertinence de ses critères, au prorata de la valeur de l’info acquise. La multiplication de l’identité informatique permet bien plus que l’anonymat : l’ubiquité au sein des modules virtuels et des listes de diffusion et forums. Pour autant, beaucoup sont surannées, avortées ou non pérennes, car il s’agit d’un secteur encore peu investit par les NTIC, le BTP étant traditionnellement un métier d’hommes et d’infos tenues à discrétion.
II Remarques générales : le rôle de l’informatisation des secteurs BTP
L’HARMONISATION des réseaux du BTP s’opère par une systématisation des flux informationnels entre secteurs d’activités, et une systématisation informatisée des processus managériaux. Le résultat en est un rapprochement significatif entre les instances décisionnelles et les entreprises impliquées.
Dans le texte qui suit, on peut prendre la mesure de l’application des NTIC au domaine de la systématisation des métiers de la construction. L'accroissement de la cohérence dans les métiers de la construction dépend aujourd'hui d'une harmonisation des différents corps de métier à laquelle contribue, ici, une plateforme technologique de gestion des projets, sorte d’interface multisectorielle qui se substituera peut être progressivement aux modalités classiques de prescriptions, en privilégiant les process informatisés, et, dans un langage plus humain, le travail collaboratif efficacement administré.
“ Un chantier plus cohérent
En phase de construction, le nombre d’intervenants (venant d’horizons très différents) explose. Ce groupe hétérogène et très éphémère (sa durée de vie est celle du projet) est amené à collaborer. Les enjeux sont colossaux. Les délais, la maîtrise des coûts, la qualité finale de l’ouvrage dépendent en partie de la communication et de la coordination entre ces équipes. Les plates-formes collaboratives s’apparentent dans ce contexte à de vrais outils de management de projet. Elles structurent les réunions de chantier, aident à la planification et à la coordination entre les équipes, au contrôle de l’exécution des ouvrages et à la conformité au plan, etc. Pour la maîtrise d’ouvrage, il est possible de connaître, à chaque instant, la situation des travaux, un suivi des dépenses, ou des fiches de travaux modificatifs, et d’éditer un tableau de bord complet, etc. Pour tous les intervenants, c’est l’assurance d’une meilleure collaboration, de pouvoir obtenir la bonne information au bon moment, de mettre à jour plus rapidement les documents à votre charge et de les communiquer en un clic à tous les destinataires concernés. L’informatique offre un support unique pour structurer l’ensemble des données, gérer les autorisations et l’accès de chaque intervenants, et cela de manière entièrement sécurisée. Véritables âmes vivantes du projet, ces outils collaboratifs offrent un support idéal pour l’archivage électronique, centralisant toutes les informations. »
Extrait de l’article sur le « TRAVAIL COLLABORATIF », lu su IBATIMENT (http://www.ibatiment.com/document_2441.html), rédigé par Mr Jean-Paul Chirac, de la SFICA ( http://www.sfica.com/ ) Nous soulignons.
L'article du site IBATIMENT , qui propose en outre un lien vers l’outil de gestion informatisée de projets VISIOBAT ( http://www.visiobat.com/Accueil.asp ) est très clair sur la question du devenir de la gestion de projets BTP : le "travail collaboratif" procède d'une structuration interprofessionnelle, orchestrée par les nouveaux outils systémiques de la gestion de projets. Voir aussi http://solutions.journaldunet.com/0511/051129_btp.shtml
La planification des taches n'étant rien d'autre que la configuration des différentes interventions, le BTP, outre sa dimension industrielle, oblige de plus en plus à une organisation en réseaux cohérents, aujourd'hui rendue plus efficients grâce aux NTIC. C'est dire que le délai entre projet et prescription, sélection et exécution, tend à se raccourcir au sein de ces réseaux.
Ainsi le gain de temps, de productivité, et l’économie globale permis par le travail collaboratif sont la conséquence opportune et la règle motrice, finale, d'un phénomène économiquement signifiant : l'organicité progressive des corps de métiers de la construction, dont les différentes activités sont devenues interdépendantes au point d'engager une nécessaire pré phase de collaboration, initiée lors de la conception des projets, et systématisée en temps réel, dans la sélection comme dans l'exécution. C’est donc à la synchronisation de ce réseau que se destine les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication.
Ciment de la future architecture globale du BTP, les NTIC harmonisent par la systématicité. Ce qui ne signifie pas que les corps individuels de métiers ni les hommes, au fond, soit prêts à employer de telles plateformes structurelles de gestion de projet, ni le knowledge management en matière de marketing BTP… Cela signifie simplement que les outils se passeront des hommes qui ne les emploieront pas, puisque ces outils, désormais, conditionnent le temps, la valeur stratégique de l’info, la synchronisation des entreprises, et donc le rendement des activités, proportionnellement à leur degré d’immersion dans les couches informationnelles (terrain, medias) du marche BTP.
Ces outils de management interprofessionnels que sont les réseaux informatisés et systématisés de la communication entre acteurs, qu’il s’agisse d’un ouvrage collectif ou d’un réseau collaboratif, ne sont plus des instruments, mais des vecteurs. Ils sont le support d’infos, et, à ce titre, nous pourrions dire qu’ils sont de natures médiatiques ou informationnels. Le rapprochement avec la notion d’« âme », émis métaphoriquement dans l’article de Mr Chirac, n’est pas sans fondement conceptuel lorsqu’on sait que les grecs définissaient celle-ci comme pneuma, souffle. Les matrices informatiques conditionnent les flux d’affaires, en terme de communication, information, et compétition.
La survie des acteurs dépend de leur présente réactivité dans l’emploi des méthodes informatiques, qui ne sont, au fond, plus de simples systèmes de classement, c’est-à-dire une mémoire artificielle, mais des vecteurs productifs en matière d’organisation interprofessionnelle et de présence commerciale au sein des réseaux, véritables nerfs du marché.
La matrice technologique s'est substituée à la machine bureaucratique, de sorte que sans une culture de la collaboration multisectorielle et de l'organisation en réseaux, l'entreprise BTP ne soit plus viable à long terme. Ainsi l’acteur de la construction ne peut-il plus se dispenser d’une telle ramification avec des partenaires engagés dans un processus global de prescription, dont salons, hommes, métiers, projets ou programmes, actualités juridiques des métiers, ne sont plus des éléments distincts, mais des fonctions relativement réciproques.
De ce point de vue, l’organisation dynamique de la concurrence en réseaux de marchés se réalise actuellement avec une nouvelle dynamique liée aux flux informationnels et à la mondialisation ; ces réseaux, dans leur constitution informationnelle tendent à dépasser les clivages « prescription publique et professionnels », le salon de l’UNTEC semble être un exemple de ce rapprochement manifeste. Le processus d’émergence des programmes de construction et d’aménagement se synchronise avec le corps professionnel immédiatement exécutif : en effet, lorsque l’information est drainée au sein d’un réseau, et que celui-ci se sécurise et se rationalise dans sa constitution, le développement de l’activité globale ne peut être fondée que sur une typologie précise d’organes restreints et interdépendants dans leurs fonctions. Ainsi la présence des entreprises à un salon de prescripteurs comme celui de l’Untec peut constituer un atout considérable pour une présélection. De manière réciproque, l’inauguration de Scandbuild en 2007 à Copenhague et la touche très multisectorielle et avant gardiste du dernier Batimat ne se privent pas de porter l’accent sur le vecteur d’affaires que constituent les NTIC, ne serait-ce que par une présence forte au sein des réseaux informationnels.
III IE et BTP : nécessité de l’information en réseaux
L’harmonisation systématique et irréversible des nouveaux process informatiques de management de projet, et, donc, au fond, de la dynamique de la prescription, ne sonne pas la fin de la pluralité professionnelle, mais seulement celle de l’isolement entrepreuneurial, et des limites de l’initiative individuelle.
Ainsi nous concluons par anticipation, avec toutes les lacunes opérationnelles que présente notre démarche, que la constitution des nouveaux réseaux de la construction sera fonction de la rationalisation des dynamiques du secteur par le moyen des NTIC, et par le biais d’outil systématisés de gestion de projet, qui rassemblent les compétences autour d’interfaces multisectorielles. La configuration de ces interfaces semble s’orienter vers plus de synchronisation entre le projet et son mode d‘exécution, de sorte que la logique décisionnelle de validation et de prescription soit elle-même progressivement conditionnée par les canaux de l’information du secteur. Les « outils » de demain pourraient bien être les décideurs d’aujourd’hui…
Ce qui se joue, au sein de cette mutation du BTP, c’est un certain modelage encore flexible, accessible, du réseau des futurs bâtisseurs. Chaque jour, les prises de décision, outre les objectifs affichés de pure production, s’inscrivent dans un dessin irréversiblement tracé. Le trait de ce dessin, c’est la future cohérence d’un secteur que tout appelle à l’unification (délai, amélioration des dialogues interprofessionnels, division des taches et rassemblement des compétences au sein d’entités globales opérationnelles, réciprocité des logiques de marché, accroissement de la fluidité de l’info entre pros, sécurisation de ces infos, surveillance organisée de la concurrence, hiérarchisation des acteurs, politisation accrue du marche, professionnalisation commerciale des structures institutionnelles, ramification des réseaux dynamiques de secteurs pros : architectes, urbanistes, organisateurs de salons, conseils, entreprises, négociants, promoteurs…)
IV Polyvalence de l’attitude de veille, réflexion sur la valeur de l’information.
Nous entamons notre seconde grande partie, désormais plus méthodologique et moins axée sur le BTP, puisqu’elle consiste à expliciter la démarche de veille de « BTPerception », qui est un organe d’écoute et de Knowledge Management, visant aussi à se justifier comme tel, en arguant du bien fonde de la veille et de l’IE.
L’expérimentation des NTIC semble conduire a priori la recherche en veille stratégique à une infernale régression à l’infini, multipliant les acteurs et les nécessités de sécurisation en temps réel des flux. Pourtant aucune saturation ne peut arriver à bout de cette agglomération en réseaux de plus en plus compacts, alors que l’information devrait être cryptée ou dissimulée sous une masse opaque de pistes divergentes ; on voit au contraire se dessiner la « pertinence progressive » des liens. Le tissu d’informations qui existe au sein du Web, n’est pas aveuglement global, ni irréductiblement sectoriel, mais il est plutôt de nature comportementale, décisionnelle et stratégique.
Ce tissu qu’est le web est le fruit d’une circulation multilatérale d’informations. Le problème d’une approche de veille, et plus généralement, d’intelligence économique informatisée, porte sur la valeur intrinsèque de l’information, valeur soumise à une certaine temporalité ou rareté.
L’importance stratégique de l’information est centrale dans les méthodes de veille, le kowledge mngt, et l’IE, en tant que systémique du renseignement.
De manière systématique, les procédures de recherche favorisent et rationalisent les résultats. La démarche de recherche, ciblée ou pas, est un renouvellement permanent des angles de vue, et une adaptation en temps réel. Le caché est, quelque part, forcement visible.
Le fait informationnel est un fait réel, tangible, « têtu », accessible d’une manière ou d’une autre, il ne se rapporte pas à autre chose que lui-même, il est le fait d’une présence et a un temps. Je crois que porter une minute l’attention sur la valeur interne de l’information dans la veille permettra de comprendre pourquoi l’immersion dans les flux informationnels est nécessaire au monde de l’entreprise…
La valeur créée par l’information, outre sa temporalité, est inhérente au processus même de l’ingénierie informatique, et proche de celle du langage, dont le medium est le son. Les mots, initialement conçus pour signifier autre chose qu’eux-mêmes, se substituent irréversiblement à leur objet, dans la valeur verbale des formes scripturaires ou des phonèmes qui les supportent. De manière identique, le vecteur significatif de l’information, la signifiance de la donnée informationnelle (qu’elle soit verbale, numérique, scripturaire, visuelle,…), sont distincts de l’objet sur lequel porte l’info.
Quelque soit cette info, sa valeur ajoutée consiste dans son transport total ou une fraction de celui-ci (émission ou réception). C’est parce que la bonne oreille, ou la bonne cible, est à l’écoute, que l’info est pertinente du point de vue de l’émetteur ; c’est parce qu’elle vient en cet endroit qu’elle possède une valeur spéciale pour celui qui en prend connaissance, ou qui participe à sa véhiculation.
La guerre du renseignement, qui fait le tissu nerveux de la guerre totale économique liée à la globalisation, n’est autre chose qu’une guerre pour et de la valeur informationnelle. La publicité nous donne un exemple banal de l’instrumentalisation de l’information, systématisée dans sa définition la plus élémentaire. L’info est une info dans ce premier sens, qui consiste à porter un signifiant d’un point d’émission à un point de réception. Ce transport quasi-logistique constitue une valeur profonde. Porter un sens d’un point a un autre constitue cette valeur de l’information ; comment concevoir une collecte sans analyse, une analyse sans prescription, une prescription sans volonté d’orientation, une volonté d’orientation sans conflits à gérer ou à anticiper, des conflits sans cartographies, des cartographies sans itinéraires, et des itinéraires sans flux ?
V Information et concurrence
Les flux de l’information sont l’innervation de la guerre économique et de la globalisation dans ce qu’elle a à la fois d’organique et de technologique.
Qu’on se figure ce qu’aura été pour nous cette multiplication des moyens de transports informationnels, et de la rapidité fulgurante de leur progression, et l’impact de ceux-ci sur nos comportements… De même qu’on fut éblouis des premiers avions, peu avant les bombardements…
Les NTIC ne constituent pourtant pas une menace dispensable, et c’est pourquoi la veille stratégique s’illustre dans la veille concurrentielle, puisque le conflit global s’atomise à l’échelle des réseaux d’informations. La survie de l’entreprise commence sérieusement à dépendre d’une immersion comportementale dans le knowledge management, eut égard au risque globalisé lié aux inévitables rationalisations informatiques du travail et de la communication en entreprise. Mais le marketing et ses théâtres opérationnels ne sont pas les seules premières lignes dans cette recherche d’une plus-value de la connaissance. La survie des partis impliqués dans les « jeux » de concurrence exige encore une diversification des approches, un renouvellement constant des process, liés à l’innovation permanente et la systématisation accelerando des méthodes connues comme efficaces.
Ainsi les outils de recherche d’infos, de désinformation, et de cryptage, illustrent un conflit global ou chacun se crée une cartographie de l’action sécurisée en matière de communication. On est ainsi sur un champ de bataille global, immanent à l’info, en tant qu’elle est une valeur porteuse de velléités. Sur ce théâtre multilatéral le veilleur participe virtuellement de toutes les armées, et de tous les combats, pour autant qu’il s’en inquiète.
Dans l’invisibilité, l’échange se fonde sur une confiance calculée, et la création de valeur liée à la recherche, et au sens inductif, va permettre de lui donner sa monnaie d’échange.
Le système de la liste de diffusion illustre ce commerce qui est aussi un facteur de cohérence pour les réseaux les plus prompts à s’agglomérer. Il n’est pas inutile d’inviter les entreprises a plus de réactivité ; la dimension gouvernementale de cette invitation peu stimulante, au fond, demeure plus ou moins historique.
Il est probable qu’un jour, la systématicité exhaustivement accessible de l’information conduira à des prises de décisions nées d’une perception précise de comportements économiques, ou tout autre type de comportements. Et c’est cette accessibilité à l’état même des choses, des entreprises, comme des hommes, qui inquiète ou nourrit d’espoir.
Ce qui signifie que les opérations expérimentales, pratiques, et professionnelles en matière d’utilisation de ces outils, l’administration systématique et ciblée des méthodes de veille, ainsi que l’accompagnement informatisé des processus de prise de décisions économiques en général, favorisent la croissance et la cohérence trans-sectorielle du réseau global.
Sondant la courbe croissante du flux informationnel, les veilleurs incorporent irréversiblement une nouvelle fonction de religation, les organismes de décision, les observatoires, les réseaux et les métiers, s’harmonisent dans une systématicité dont s’excluent les initiatives non dynamiques, d’un point de vue informationnel.
VI Le rôle de la veille
La veille se profile comme un art d’immersion, quelque soit le domaine d’application. Sa polyvalence reste soumise à l’adaptabilité du veilleur, à une adaptation constante au medium informatique, contexte où il porte un certain « rayon de veille ».
En d’autre terme, l’attitude de veille, systématique et renouvelable, correspond au recueil d’information, à son organisation, sa diffusion et son échange. L’orientation d’une veille permet de sectoriser des domaines virtuels d’informations, et de découper dans un tissu en perpétuelle mutation un segment temporel d’information sur un secteur, une cible, un critère... La gestion de l’info en temps réel succède donc directement a la veille, qui ne peut être initiée que par une attitude présente de recherche, en devenir et jamais statique : l’exhaustivité n’est jamais permise à un instant donné. La gestion de l’information, ici, manifeste sa nature médiatique.
De même que le signifiant de l’info se substitue à l’objet, l’attitude de veille se fragmente au moment où elle s’inscrit dans des résultats et une orientation à un instant t. Sa valeur ajoutée correspondrait alors à un quantum d’anticipation.
Quelle attitude temporelle adopter, pour qu’à un maximum de résultats, corresponde un optimum de prédictibilité ? - réactivité - souplesse -adaptabilité - temps réel
Le comportement de veille se construit sur le principe de l’économie du temps, de la systématicité des méthodes, et de la délégation des process aux agents intelligents fiables configurés, adaptés, renouvelés, améliorés en temps réel, au coeur de cette quête qui est aussi une lutte pour la sécurisation, l’infiltration, le recueil et la lecture des observations.
Il ne suffit pas d’évoquer le rôle s’accroissant lui aussi, du knowledge managment. Il faut expliquer surtout la temporalité de l’info, au sein de la notion de veille. D’une manière plus subjective, je suggère déjà un rapport avec le temps lui-même plus souple, qui ne concède en rien à l’indisponibilité, et fait état d’un élargissement permanent de nos seuils de tolérance, perceptifs et informationnels, de manière à induire des orientations générales ou des axes de recherches, de manière intuitive et raisonnée. Au fond, nous ne disposons que d’une chose, c’est de temps… la notion d’économie du temps est peut entièrement à revoir à partir d’un temps plus qualitatif, extensible, lié a la simultanéité de la réception de l’information et de son analyse. Nos outils en sont capables, notre temps n’est pas économisé, il est amélioré, ce qui participe de la présence du veilleur, en tant qu’acteur de l’information : son rayon de veille.
Le temps de la veille est un temps d’expérience, un temps qualitatif. Aussi, une veille de 4 mois peut reposer sur des actions concentrées et des prises de décisions pertinentes. Dans la mesure où c’est la pertinence des décisions et l'affinage des criteres qui créeront aussi la valeur d’une info, ou plutôt, permettront de trouver l’info de valeur, on peut dire que le caractère décisionnel en recherche d’info détermine la configuration des réseaux de manière claire. Les réseaux d’infos s’organisent autour de criteriums cognitifs, qui limitent les segments, et rassemblent les démarches de recherches dans des « cluster de connaissance », comme par exemple le forum ou la liste de diffusion.
Un veilleur n’est donc pas tant un atome de recherche ou une antenne d’information qu’un rayon de présence informationnelle (réception ou émission) et communicationnelle, (échange d’infos). Une veille semble valable lorsqu’elle amorce un mouvement de globalisation de l’info rationnel et indicatif, qui donne les grandes lignes d’un secteur dans sa tendance actuelle, ou bien les chemins essentiels d’une recherche sur ce secteur, avec des angles ajustables, aussi bien généraux, trans-professionnels que ponctuels.
De même que les compositeurs analysent l’harmonie en terme de spectres multidimensionnels, le comportement de veille, qui est aussi une écoute, se repère dans une gestion intuitive du matériau qu’il perçoit, progressivement, matériau, qui, comme la note, est une information. Il y a une harmonie, c'est-à-dire une cohérence globale d’un réseau, qui n’existe pas, tant qu’elle n’est pas perçue.
Le veilleur écoute, c'est-à-dire qu’il tend l’oreille, et donc vient de lui-même recevoir l’info. C’est de cette manière qu’il initie une systémique, qui est loin d’être encore aussi impressionnante qu’elle le sera, lorsque notre vitalité dépendra de l’émission et de la réception permanente d’une multiplicité simultanée toujours croissante d’informations.
VII Conclusion
La veille, comme la musique expérimentale cagienne, qui est un parfait exemple de gestion de l’attention, nécessite une profonde tolérance en matière de typologies informationnelles. Une recherche peut être stérilisée par négligence ou par une écoute partiale en terme d’info. Le veilleur n’est pas seulement polyvalent, il est en recherche para sectorielle de la valeur de l’information. Son travail, au fond, c’est le qualitatif informationnel, soit la valeur même de l’info. Ce qu’il cherche, ce sont les moyens de bien chercher…
Je parlerais volontiers aussi bien de gérer l’ignorance, encore qu’il existe nombre de moyens de connaître certaines infos et d’accéder à des clusters de connaissances. Porter l’écoute est un art, là où, par principe, l’on n’y entend rien.
Pour autant, la discipline liée à la systématicité des procedures se veut être la valeur ajoutée du monde de la veille professionnelle, naturellement. De même, l’initiation aux principes de la veille, ne peut être qu’empirique.
***
Veille realisee dans le cadre du cours de Mr Jean Paul Pinte
(http://veillepedagogique.blog.lemonde.fr/veillepedagogique/) ,
intervenant au COMEX-CMAI
Commerce et Management des Affaires Internationales, Institut des Sciences Economiques et du Management, Université des Sciences et des Technologies de Lille (Lille1)
Un blog extremement complet et synoptique sur la construction a ete repere http://surlaroutedesbatisseurs.hautetfort.com/
Bravo a Mr
Marc Chartier
Pour son Blog : La route des Batisseurs
11:40 Publié dans Demarche de veille | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Business intelligence


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